Suite à un
passé difficile de plusieurs agressions sexuelles, j’ai eu l’idée de créer en 2006 l’association SanViolentine (Sans Violences Enfantines). Depuis j'ai été amenée à côtoyer des
victimes d'agressions sexuelles et des proches de victimes. Le plus difficile est de faire parler les personnes concernées, des personnes parfois complètement désemparées, au bout du rouleau,
mais avec une rage de vivre qui ne peut que solliciter mon admiration. Des personnes qui parlent des abus, mais également de la honte, de la culpabilité, les craintes et du tabou. Le déni de
l’entourage est souvent évoqué, qui en soi est souvent ressenti comme un deuxième viol.
J’ai du me rendre à l’évidence, les abus sexuels ont lieu dans tous les milieux et concerne toutes les générations. Les agresseurs peuvent être les parents (père et mère), les frères ou sœurs, les instituteurs, les entraineurs de sport, les grands-parents, le mari/compagnon (viol conjugal) etc. Il n’y a pas de généralité sur la durée des abus ou leur caractère, certaines victimes me parlent de « juste » une fois, d’autres de plusieurs années, des attouchements et/ou des viols.
Comment faire pour apprendre aux victimes et aux familles à dépasser cette honte, à ne plus se cacher derrière un mur de souffrance, c’est le défi que SanViolentine s’est lancé. Nous avons la volonté de briser le silence qui entoure trop souvent les affaires d’inceste, de pédophilie et maltraitance en démontant chaque pierre de ce mur qui s’appel « le tabou ».
Notre association propose du soutien, de l’écoute, du réconfort et de l’aide dans des moments difficiles a gérer. Nous invitons les personnes concernées à nous rejoindre aux groupes de paroles et aux autres événements que nous comptons mettre en place à partir de septembre 2007. Des événements (conférences, débats etc.) qui peuvent briser les préjugés et l’ignorance sur ces thèmes.
Pour l’instant SanViolentine ne peut se constituer partie civile dans une affaire mais nous comptons bien le faire une fois que l’association aura atteint les cinq ans d’existence légale. Nous pouvons heureusement compter sur l’aide de l’association ANNE de Nancy concernant les conseils en matière juridique. Nous sommes également très heureux qu’une psychologue bénévole nous assiste pendant les groupes de paroles.
La mairie de Pont-à-Mousson, la maison des sociétés à Pont-à-Mousson, la MJC des Quatre-Bornes de Metz Devant-lès-Pont, la MJC Pichon à Nancy et le commissariat de police de Pont-à-Mousson, nous soutiennent dans nos démarches.
Le constat est sans appel : des millions de victimes en France !
Vous peut-être ?
Un de vos proches et vous ne le savez peut-être pas ?
Votre enfant demain ?
L’agresseur possède un allié de choix, le silence !
En acceptant le « tabou », ou en n’agissant pas, nous nous rendons tous responsable.
Que ce soit pour aider les autres, pour combattre ce fléau ou pour vous en sortir vous-même, tout peut devenir possible.
Une seule condition pour cela : dire non ! et agir !
Frieke Brandebourg-Jeurgens
Présidente et fondatrice
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